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mercredi 18 avril 2007

Deux excellentes découvertes !

Tombé par hasard sur le collectif Elephant Six qui regroupe la quintessence des groupes indie pop américains ; Of Montreal, Neutral Milk Hotel ou encore Apples in Stereo.

Si les deux premiers ont maintenant une solide notoriété (Of Montreal récemment Album du mois dans RocknFolk, indispensable Inrocks), ce n'est pas vraiment le cas des Apples in Stereo qui ne sont chroniqués que sur Pitchfork. Leur musique est clairement orientée Power Pop et, quand le tempo ralentit, on se retrouve pas loin du son d'Of Montreal, les mélodies tordues en moins. Les chansons sont extrêmement directes, voici de quoi vous faire une idée :

Stream running over


Ou encore, extrait du dernier album, Energy :


Un autre groupe attire aussi mon attention ces derniers temps, il est d'ailleurs assez proche des Apples in Stereo (référence dans le papier de Pitchfork) bien qu'un peu moins sucré : Mazarin. On peut d'ailleurs entendre un des (excellents) singles du dernier album dans la Pub de l'équipementier sportif Puma, For Energy Infinite.
Le voilà :


Un autre pour la route, Your Advice :


Bonne écoute !

www.applesinstereo.com

Mazarin myspace

lundi 2 avril 2007

Wilco - Yankee Hotel Foxtrot

Ma première rencontre avec Yankee Hotel Foxtrot remonte à 2002. Elu disque du mois dans le Rock & Folk du mois de mai, j'avais été surpris qu'un groupe ne faisant pas parti du revival Rock du début des années 2000 puisse à ce point enthousiasmer la presse Rock. Tenté, j'avais emprunté le disque mais l'écoute ne m'avait pas emballé, l'album paraissait blanc, sans relief. Il faut dire qu'à l'époque j'avais plutôt les oreilles à autre chose, ça sonnait trop propret. J'étais passé à autre chose en me disant que l'éloge de Rock & Folk était quelque peu surfait, même si la chronique se terminait par un intriguant "Qui saura l'entendre ?".

Et puis il y a quelques mois j'ai retenté l'expérience Wilco avec Summerteeth, album paru 3 ans avant Yankee Hotel Foxtrot. Bénéficiant de bonnes critiques et paraissant plus facile d'accès, je l'ai écouté en boucle en me disant que c'était un très bon angle d'attaque pour ce groupe vénéré par tous les fans d'indie pop. Contrairement à ce que j'attendais, j'ai été frappé par la façon très directe d'entrer dans l'univers musical du groupe. Les mélodies étaient dorées et élégantes, les arrangements précieux mais pas trop sucrés. Manquait juste de la cohérence. J'ai derechef ressorti Yankee Hotel Foxtrot et tout m'a semblé évident. Et cohérent. Et magnifique. Si cette musique est blanche, c'est le blanc d'Ok Computer, le blanc sur blanc de Malevitch, jouant sur des contrastes d'une incroyable subtilité. Dès les premières secondes la différence avec Summerteeth saute aux yeux, la production est riche, le son est plus recherché, la rythmique est syncopée. Car le premier titre est jouissivement maladif, Jeff Tweedy chante qu'il "essaie juste de nous briser le coeur" avec une voix d'"aquarium drinker", engourdie, saoule, mais bizarrement sympatique. Suivent "Kamera", pop, limpide, et "Radio Cure" qui, même si elle met du temps à partir, réserve un refrain d'une rare puissance émotionnelle lorsque Tweedy se tue la voix sur ses "Oh Distance has no way making love understandable". Trois premiers titres qui mettent minables tous les poursuivants de l'indie pop du continent américain, Flaming Lips en tête. War On War continue de prouver l'excellence de l'album, sans faute de goût ou presque (l'énervant effet wahwah nouveau millénaire déjà entendu sur des groupes bien moins inventifs). Puis vient le chef d'oeuvre de l'album, "Jesus, Etc.". Ce titre est d'une délicatesse extrême avec ses cordes, la mélodie est à tomber, on croirait entendre un classique sans âge, un Neil Young échappé du mythique On The Beach repris par des Pavement pour une fois appliqués. Ashes of American Flags est le premier temps faible, mais permet de reprendre sa respiration avant le sautillant Heavy Metal Drummer où Tweedy se moque gentillement des groupes de métal 80s avant de déclarer : "I miss the innocence I've Known, playing KISS covers, beautiful and stoned". On s'achemine doucement vers la fin de l'album avec deux titres conventionnels qui auraient pu prendre place sur Summerteeth, puis deux autres plus expérimentaux, planants, parfaits pour atterrir en douceur.
Ce disque m'est devenu essentiel en quelques mois seulement, j'y reviens fréquemment comme dans un endroit où je me sens bien. S'il devait exister un frère jumeau américain à Ok Computer, nul doute que cet album ferait figure de prétendant.

www.wilcoworld.net

mercredi 21 mars 2007

BC Camplight, Jim Noir et les Chamallows

C'est en voulant écrire une critique dithyrambique sur Tower of Love, album ô combien mésestimé de Jim Noir, que j'ai découvert le géniallissime BC Camplight. Mêmes influences (Brian Wilson, les Zombies, les Beatles), même chapeau melon, même gout pour les pop songs bien foutues, et surtout une écriture d'une fluidité surnaturelle. Comme le souligne un article paru dans Chronic'art, la différence se situe principalement dans le fait que la musique de Jim Noir parait plus expérimentale (superposition des harmonies vocales façon Smile des Beach Boys) alors que les chansons sautillantes de Camplight lorgnent plus vers une perfection pop plus sobre (plus Revolver que Sgt Pepper's, moins psyché en somme).
Ce qui reste incroyable dans tout ça, c'est que l'un comme l'autre reste dans un relatif anonymat alors que leur musique dépasse largement la sphère des cramés Flaming Lips ou du surfait Sufjan Stevens.
Peu de succès donc pour ces artistes fabuleux, hormis l'honneur (?) pour Jim Noir de rythmer les gestes techniques des copains de Zidane dans une pub de la marque à trois bandes. Tower of Love, son premier LP sorti en 2006 (qui rassemble divers EP parus en 2005) est un fantasme de pop psychédélique, le chef d'oeuvre ultime à atteindre pour tous les acharnés du Sgt Pepper's. J'y reviendrai prochainement.

Le tour de force des deux albums réside dans la faculté de proposer des chansons simples et sucrées sans dégouter l'auditeur ni tomber dans les clichés FM. En plus imagé, c'est comme se caler la panse avec des chamallows tout en se bourrant de fraises tagadas, sans pour autant s'en dégouter. Rare.

Jim Noir myspace
BC Camplight Website


mardi 27 février 2007

Of Montreal - Satanic Panic in the Attic

A quoi reconnait-on un groupe de pop psychédélique actuel ? Mis à part la pochette hideuse ? Et hormis le look hippyhirsute du chanteur (Devendra Banhart lève le bras) ?
Et bien au fait qu'il recycle le même fond de tonneau usé par des milliers de suiveurs depuis le fabuleusement sucré Sgt Pepper's des Beatles. Pitreries stéréo de mauvais goût, mélodies acidulées indigestes : n'est pas l'égal des Fab Four qui veut, les Stones l'apprendront à leur dépend (Their Satanic Majesties Request est un bide retentissant en 67, voir le déguisement de Jagger sur la pochette!). Les années 90 vont aider un peu à la réhabilitation de ce genre devenu entretemps assez kitsch, avec les Flaming Lips ou encore Grandaddy. Mais bon, la voix de prépubèresouslexomil de Wayne Coyne - cherchant vainement la tonalité Neil Young - ça va deux secondes mais ça lasse vite.
Mais voilà, depuis 1997 sévirait un combo aussi inconnu qu'intéressant, dénommé Of Montreal. Encore une fois, Pitchfork est derrière le récent buzz (conditions pour être repéré par le blog tendance : indépendant, pop, et "aussi peu connu du grand public qu'un live pirate des afghan whigs").
Tout y est : les pochettes horribles, le clone de Mc Cartney, les harmonies vocales lascives, et même les guitares et le pipeau qui font d'époque. Mais ce serait injuste de ne s'arrêter qu'à ça, le groupe vit également avec son temps, avec des petites touches d'électro par-ci par-là. Et miracle : leur musique est fraiche, leurs mélodies sont géniales, ça ne sent pas le vieux dessus de lit orange à fleurs des grands parents. L'album Satanic Panic in the Attic (sorti en 2004) est excellent. Comment peut-on résister devant Lysergic bliss ? Quel titre ! C'est créatif, sautillant, jubilatoire! City Bird pourrait être une perle issue des sessions du White Album. Mais ça ne sonne pas que furieusement Beatles (du moins pas partout), on retrouve du Beach Boys sur le très surf Disconnect the Dots ou encore du Zombies sur Will you come and fetch me.

Leur nouvel album qui est sur le point de sortir, Hissing Fauna, are you the destroyer ?, fera sans doute l'objet de quelques lignes sur ce blog. En attendant, précipitez vous sur cette vraie découverte.

Of Montreal Website

Quelques titres en écoute :



Cold war kids - Robbers & Cowards

Irradiés par les retombées radioactives d'une guerre atomique n'ayant jamais eu lieu, contaminés jusqu'à l'os par des influences toxiques, les Cold War Kids sortent leur premier disque-ovni, Robbers & Cowards (fev. 2007).
Car ce sont de véritables mutants. Leur musique est un splendide bordel hésitant entre patrimoine et avenir Rock, le tout porté par une voix rappelant très fortement celle de Jack White. Les influences sont parfois évidentes mais non cohérentes ; jeunes Rolling Stones par ici (Hair down), Blues Explosion période Acme par là (Saint John), rythmique syncopée façon Field Music également. Entre (des tas) d'autres. Certains y voient même la présence lointaine de la patte Arcade Fire (ça ne saute pas aux oreilles cela dit), c'est dire le large panorama musical recyclé par les californiens.
Plusieurs titres sont déjà indispensables : le classique We Used to vacation, le méchant Hang me up to Dry (son énorme!), le délirant Hair Down ...

Voici de quoi vous donner une idée :





Cold War Kids website

jeudi 15 février 2007

Babyshambles - The Blinding EP

J'allais commencer comme ça :
"On avait laissé la bête avec sa belle depuis la dernière livraison de ses Babyshambles, le brouillon Down in Albion à la fin de l'année 2005. Depuis, moins de drogues, changement de maison de disques et relation plus saine avec cocaïne Kate (ou, pour rester dans Walt Disney, Blanche Neige)."

Mais après petite recherche google hop hop :
Deux dépêches sur Doherty en l'espace de 15 jours, dont une rapportant qu'il pourrait signer avec Endemol pour être le protagoniste d'un show real TV un peu spécial concernant sa prochaine cure de désintox. Bien bien bien. Rien ne change.

On l'avait laissé un peu perdu, on le retrouve donc pas beaucoup mieux. Son dernier 5 titres The Blinding Ep est néanmoins très réussi. Déjà, ça sonne plus propre que sur Down in Albion. On retrouve du connu (Love you but you're green, ancienne démo acoustique) et du tout nouveau tout beau, comme le surprenant "I wish" avec sa mélodie soleil et son rythme reggae, voire carrément Ska. Agréablement léger comme ce qui suit, le printanier "Beg, Steal or Borrow". Avec ces deux titres euphorisants, sans saturation, Doherty continue de s'éloigner des Libertines et semble commencer à trouver sa voie. Car on connait le talent du fantasque Peter, son songwriting très haut dessus de la moyenne et sa voix de velours so romantic. A l'écoute de son disque on ne peut s'empêcher de souhaiter qu'il épure encore le son et qu'il publie un jour en solo les nombreuses démos guitare voix qui trainent un peu partout sur le net. Un disque acoustico-romantique pour la prochaine Saint Valentin ?

Disque extrêmement agréable, les cinq titres sont de très bonne facture et font oublier le négligé Down in Albion : 9/10
Artiste similaire : Libertines, Clash, Jam...

lundi 12 février 2007

The Shins - Wincing the night away

Bénéficiant d'une notoriété grandissante depuis le fameux Garden State de Zach Braff, The Shins nous livrent Wincing the night away, suite attendue du très réussi Chutes too narrow (2004).

L'album débute mollement avec Sleeping lessons (et pour cause) mais se rattrape vigoureusement avec le premier single Australia. On y retrouve tout ce qui fait le charme du groupe, écriture fluide, mélodies lumineuses, arrangements ensoleillés. On remarque cependant des influences insoupçonnées avec un son un peu plus 80s que par le passé et une voix lorgnant de plus en plus vers celle de Morrissey. Les arpèges cristallins renforcent également le rapprochement avec le son des Smiths.
Après un titre de transition décevant, on retrouve sans doute le titre le plus marquant de l'album, Phantom Limb. Dire que ce single est taillé pour la radio pourrait paraitre saugrenu tant le groupe est attaché à son image de petit groupe indé. Cela dit, on retrouve une mélodie totalement imparable ainsi qu'un son plus dans l'air du temps que sur leurs deux précédents LP. C'est d'ailleurs sur ce point que le bât blesse ; ce groupe était attachant car il produisait une musique totalement à contre courant, mix parfait entre la pop précieuse des Kinks et les harmonies folk de Simon & Garfunkel. Sur certains titres leur son perd en chaleur et les mélodies reprennent toujours les mêmes recettes, rendant tout ça un peu trop prévisible. Ce constat posé, il faut bien admettre que la qualité reste bien supérieure à la plupart des albums actuels et que le groupe se situe toujours dans le haut du panier pop.
Les autres titres marquants sont Turn on me, où la bande à James Mercer retrouve la magie de Chutes too narrow et Split needles, titre plus expérimental avec de nouveau un son très 80s.

L'album se conclue joliment sur A comet appears, délicate et dépouillée, laissant espérer un retour en grâce des sonorités folk sur leur prochain album.

Bon album : 8.5/10
Artistes similaires : The Zombies, The Kinks, The Smiths, Simon & Garfunkel


jeudi 8 février 2007

Pop Levi - The return form black magick party

Passons sur le nom un poil ridicule (est-ce un rabbin à guitare ?) et sur l'apparence du bonhomme (sorte de Ringo Starr période Abbey Road, la classe en moins) pour nous intéresser au premier effort solo de Pop Levi, sobrement intitulé "The return form black Magick party".
Le premier titre et premier single "Sugar assault me now" impressionne par son énergie. Basse saturée, clappements de mains, rythme qui fait bouger les pieds et secouer les épaules. Et puis bam, ça balance des gimmicks ultra datés mais totalement jouissifs, des "Wooouw" des "Oh Yea aahh" et même un "YoouYoouYeaaah". Il n'en faut pas plus pour que l'auditeur commence à entrer dans une transe jubilatoire ultime, mouvements désordonnés des avants bras, secouage de tête ; la phase de transformation en Rock star virtuelle a commencé. On se sent drôlement bien, on connait bien tout ça. T-Rex !! Ils ont désincrusté Bolan du platane dans lequel il a foncé il y a 30 ans ? Non ? C'est Junkie XL qui a ressuscité sa voix ? La ressemblance est tout à fait frappante. Le ton de l'album est donné, sorte de mutation du glam à travers un ordi.

Blue honey est du même acabit, mais d'une manière encore plus puissante. Le rythme diminue mais le son reste énorme. La voix braille dans un saturateur, le riff de basse est monstrueux. La fin est étonnante, outre un canard (oui!) on y entend des bandes de cordes à l'envers, façon Beatles période revolver.
(A style called) Cryin'chic et Pick me up Uppercut sont des boules d'énergie, on danse, on fait des "Woouh!!", la filiation avec TRex est encore plus évidente que sur le dernier album des Belle&Sebastian.

Même si la suite est un peu plus plate, l'album reste assez homogène. On compte de nombreux singles potentiels et les autres titres sont réussis.

Les structures simplissimes et parfois même répétitives des chansons donnent un côté instantané et très accessible à l'album. En ça, Pop Levi réussit ce que Jim Noir avait réalisé un an plus tôt pour les années flowerpop : un riche album d'une apparente simplicité.

Bon album : 8/10
Artiste(s) similaire(s) : T-rex